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Interview de Sophie Barthélemy (MBA Dijon)

Terroirs Bourguignons a interviewé pour vous, chers lecteurs, Sophie Barthélémy, conservatrice du Musée des Beaux-arts de Dijon. Rencontre exclusive pour une histoire hongroise, celle des Fauves.


 

 

Sophie Barthélémy

 

Fauves hongrois

Terroirs Bourguignons a rencontré pour vous Sophie BARTHELEMY, conservatrice du Musée des Beaux-arts - MBA - de Dijon et commissaire d’exposition Fauves hongrois 1904-1914 La leçon de Matisse. C’est dans la décontraction et le naturel qu’elle nous reçoit et nous fait le plaisir d’une visite exclusive de l’histoire des Fauves hongrois pour Terroirs Bourguignons. Sophie BARTHELEMY nous raconte et répond à nos questions.

 

T.B. : Sophie Barthelemy, les Fauves hongrois sont entrés à Dijon, quel itinéraire ! Vous nous racontez cette incroyable aventure ?

 

 

S.B. : L’exposition peut effectivement paraître étonnante car la donation Grandville au MBA de Dijon fait complètement l’impasse sur ce mouvement. L’histoire a commencé en 2005 quand la galerie nationale de Budapest nous contacte en disant : « voilà nous allons faire une exposition sur le fauvisme hongrois en 2006, sujet complètement inédit, même en Hongrie, fruit de tout un programme de recherches universitaires qui avait été mené pendant 3 ans et nous souhaiterions que cette exposition soit représentée en France ». Le sujet à Dijon nous a effectivement séduit d’emblée.

 

T.B. : Pourquoi Dijon comme lieu d’exposition et non pas le musée d’art moderne de Céret ou le Cateau-Cambrésis ?

 

S.B. : A Dijon il existait une vraie pertinence, nous n’avions jamais eu l’occasion de faire une exposition sur le fauvisme français, même si là, ce n’est pas spécifiquement le propos. Le fauvisme français est là pour offrir une confrontation avec le fauvisme hongrois

 

T.B. : D’un point de vue réalisation, combien de temps vous a t-il fallu pour monter ce projet d’exposition ?

 

S.B. : C’est 3 ans de travail. Dès 2005-2006, j’ai commencé à m’immerger dans ce vaste projet. Après, l’organisation même de l’exposition à Dijon représente 2 années de travail.  

 

T.B. : Vous développez depuis quelques années des projets tournés vers l’Europe de l’Est. Quelle est la ligne directrice de la politique culturelle du MBA de Dijon ? 

 

S.B. : Effectivement, cette exposition est pour nous l’occasion de renouer avec cette politique axée sur l’Europe centrale et orientale, qui avaient été interrompue depuis l’exposition sur Rembrandt. Cette exposition est un axe fort de la politique des expositions temporaires organisées par le musée. Le MBA de Dijon a été le premier musée à tisser des relations avec ces musées d’Europe centrale. 

 

T.B. : A qui doit-on cette politique d’ouverture du MBA de Dijon ? 

 

S.B. : C’était Emmanuel STARCKY, qui a vraiment initié très largement ces relations. 

 

T.B. : Cette politique d’ouverture est-elle davantage un axe souhaité par le ministère de la culture ou le reflet d’une démarche personnelle pour développer la pertinence régionale? 

 

S.B. : Je dirai, les deux, parce qu’en plus depuis que la plupart de ces pays ont rejoint l’Union européenne, il y a un enjeu politique effectivement très important. Et si l’exposition a reçu ce label d’intérêt national c’est aussi en raison de son caractère d’intérêt scientifique, du caractère inédit de son sujet, des efforts aussi menés dans la médiation culturelle. 

 

T.B. : Avec la mobilité des œuvres et les échanges culturels, y a t-il pour le MBA de Dijon, une annonce d’ouverture à de nouveaux publics ? Un appel de nouveaux partenaires ? 

 

S.B. : Oui. C’est aussi un axe fort de la politique générale du MBA de Dijon. C’est vrai qu’autour de cette exposition, il y a une programmation très riche et variée. Il y a vraiment une saison culturelle hongroise à Dijon, à laquelle se sont associées des institutions comme l’Opéra, le Théâtre Dijon Bourgogne, le Festival Art danse, l’association Fenêtres ouvertes sur L’Europe, qui organise un printemps Magyar à travers des conférences sur le cinéma, sur l’histoire...

Nous avons eu un mécène complètement nouveau, un cabinet d’expertise comptable, le cabinet Cléon Martin Broichot & Associés, qui s’est généreusement associé à cette exposition. Et il est très rare qu’un cabinet d’expertise comptable soit mécène d’une exposition.

 

Pour retrouver l'intégralité de l'interview de Sophie Barthélémy, cliquez ici

 

Sandor Ziffer La porte d'entrée rouge

Sándor Ziffer

La Porte d'entrée rouge, vers 1908
Huile sur toile, 50,5x65 cm
Collection Dr Lorenz Czell
© Adagp, Paris 2009

Lajos Tihanyi
La Madone tzigane, 1908
Huile sur toile
Pécs, Musée Janus Pannonius
© Adagp, Paris 2009

Lajos Tihanyi La Madone tzigane

 

Interview du 2 avril 2009 au Musée des Beaux-arts, Dijon.

Propos recueillis par Crobb pour Terroirs Bourguignons

© Terroirs Bourguignons, 2009

 
 
 
 
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